Maire-info
Le quotidien d’information des élus locaux

Édition du vendredi 26 octobre 2007
Fonction publique

Réunion ce vendredi sur des «mesures salariales concrètes et ciblées» pour 2007

Comme prévu lors de l'ouverture de la conférence sur le pouvoir d'achat des fonctionnaires, le ministre du Budget et de la Fonction publique, Eric Woerth, doit recevoir ce vendredi les huit fédérations de fonctionnaires (CGT, FSU, CFDT, FO, CFTC, CFE-CGC, Unsa et Solidaires) pour «leur présenter des mesures salariales concrètes et ciblées» pour 2007. Pour leur part, les syndicats appellent les fonctionnaires à une grève le 20 novembre sur les salaires et l'emploi, dans un contexte tendu par la contestation de la réforme des régimes spéciaux. Ils ont en effet bien compris que des mesures «ciblées» excluent une augmentation générale. Mais ils ont aussi noté avec intérêt l'annonce de mesures «salariales» et non pas de rémunération, ce qui aurait pu renvoyer à des mesures sociales ou statutaires. Une polémique oppose depuis plusieurs années les ministres successifs de la Fonction publique et les syndicats qui évaluent à plus de 6% la perte de pouvoir d'achat des 5,2 millions de fonctionnaires depuis 2000. Au-delà de ce contentieux, les huit fédérations syndicales du secteur ont réclamé à plusieurs reprises, en vain, depuis l'élection de Nicolas Sarkozy des négociations salariales pour 2007, année vierge de toute revalorisation selon elles. En septembre dernier, le ministère avait remis en cause une étude de l'INSEE du mois de juillet, relevant que le salaire des agents de la fonction publique d'Etat avait diminué de 0,9% entre 2004 et 2005, à 2.127 euros nets par mois en moyenne. Le secrétaire d'Etat à la Fonction publique, André Santini, l'avait même jugée «totalement erronée». Pour calculer l'évolution salariale, le gouvernement prend en compte seulement les agents présents à la fois en 2004 et en 2005, et non l'ensemble des effectifs de l'année comme l'INSEE. Autre sujet de discorde: les syndicats considèrent le point d'indice (base de calcul du salaire) comme «la pierre angulaire» du pouvoir d'achat, alors que le ministère refuse de «se cantonner» à cet élément représentant selon lui seulement 25% de l'évolution salariale. Un sujet paraît cependant incontournable: celui des heures supplémentaires, sur lesquelles le président de la République a insisté le 19 septembre, tout comme sur le «chantier de l'individualisation des rémunérations». Le décret de reversement aux agents des cotisations salariales sur les heures supplémentaires ayant été publié, il reste à permettre «que toutes les catégories de fonctionnaires puissent avoir droit à des heures supplémentaires quel que soit leur statut», comme le veut Nicolas Sarkozy, alors qu'aujourd'hui seuls les enseignants et les agents de catégorie C y ont droit. Certains s’interrogent: le gouvernement ira-t-il aussi jusqu'à revoir le tarif de ces heures, dont le chef de l'Etat a jugé qu'elles «doivent, comme dans le secteur privé, être mieux payées que les heures normales»? Contrairement à la précédente, la mesure aurait un coût budgétaire important, puisqu'elle s'appliquerait au stock existant.<

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